petits périples

Hélène Raymond


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ENFIN! Les asperges!

IMG_6267 Elles se pointent, on ne peut mieux décrire. Une à une, elles vont percer le sol pour s’allonger vers la lumière. Et une à une, des mains patientes vont les trancher de la longueur désirée. Puis, elles seront triées, lavées, plongées dans l’eau glacée et regroupées pour la vente.

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C’est une  merveille de la nature qui supporte qu’on lui retire quelques tiges sans pour autant disparaître. Dans le sol, sa griffe contient suffisamment de réserves pour permettre un certain prélèvement. Elle ordonne qu’on la cueille régulièrement; une fois la récolte commencée, on repasse chaque jour dans le même champ. Je pense qu’on l’apprécie véritablement quand on se prive de l’offre d’asperges importées pour attendre le printemps et en faire une fête. Claude Villeneuve, l’écologiste, me confiait lors de la rédaction de Goût du monde ou saveurs locales?: «À manger des asperges à l’année, on perd le goût du printemps». Il n’a pas tort. Avant elles, dans le potager,  on peut cueillir quelques fines herbes et des verdures parmi ce qui a survécu à l’hiver mais ce sont les turions d’asperges qui, avec la pêche aux crustacés, donnent le véritable signal de départ de «la belle saison».

Plus loin, vous trouverez quelques idées pour changer des asperges grillées. Lire la suite


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Moment de joie chez les chèvres

IMG_6158 Ce petit périple débute en soirée, un vendredi. Un rapide coup d’oeil à Facebook permet de voir de nouvelles photos accompagnées d’une proposition. « Il y a une journée dans l’année, au printemps, où l’excitation est dans l’air. Que les chèvres sentent la fébrilité du fermier… » C’est une invitation à assister à la première sortie des chèvres au pâturage, à la ferme Cassis et Mélisse cassisetmelisse.com . Nous décidons d’être de la fête et d’y souligner un anniversaire par le premier pique-nique de l’année. La journée à Saint-Damien-de-Buckland aura des airs de vacances.

Depuis quelques mois déjà, Gary a repris la traite grâce aux mises bas et, immédiatement, Aagje a retrouvé le geste pour les fromages. Mais il fallait attendre la fin de l’hiver et le verdissement des pâturages pour sortir le troupeau laitier. Les clôtures sont installées, les comptoirs de la fromagerie bien garnis pour accueillir la visite, tout est prêt! IMG_6161 Vers midi, Gary, et son complice donnent le signal. Un devant, l’autre derrière le troupeau ils n’auront qu’a surveiller la joyeuse galopade jusqu’au pâturage. Lire la suite


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En espérant le retour de la morue

DSCN8729Il est curieux de se dire que les choses sont ainsi depuis des siècles. Que dès le moment où les Européens ont mis le pied sur les côtes de ce qu’on appelle aujourd’hui Terre-Neuve et Labrador s’est imposée cette idée d’effectuer une première transformation pour permettre l’approvisionnement des  marchés. Après tout, il fallait bien que la morue se conserve à partir du jour de pêche jusqu’à consommation.  Et c’est le sel, qui servait déjà à la conservation des aliments qui allait permettre le transport.  Un salage contrôlé, jumelé à un séchage au grand vent et au soleil, eux-aussi savamment étudiés. Sans doute maîtrisés après  plusieurs ratés. L’audace, la détermination et l’intelligence des humains allaient faire le reste.

Puis, les marchands sont venus et revenus pour mieux organiser le commerce. Du continent européen, des Îles Anglo-Normandes, ils se sont établis en Gaspésie avec leurs comptoirs de commerce. À terre et dans les barques, les pêcheurs ont peiné jour après jour pour nourrir leur famille. Ils ont  développé toutes sortes d’engins de capture. Palangre, ligne de cale, trappe, représentent  l’ingéniosité d’avant les excès de l’industrialisation, les pêches excessives, l’effondrement des stocks.

Il n’y a plus de morue. En tout cas plus assez pour faire vivre la tradition et remplir nos assiettes de poisson local mais, en Gaspésie, quelques irréductibles qui se comptent sur moins de doigts qu’en contient une seule main, perpétuent la technique de préparation de la morue salée-séchée, héritage des marchands  jersiais.  La Gaspé Cured s’en inspire gaspecured.com . Quand  je suis arrivée à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, chez Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, une dizaine d’hommes s’affairaient à étaler la morue sur les vigneaux: ces installations artisanales faites de pieux d’environ un mètre  coupés dans des arbres de petit diamètre sur lesquels est fixé un treillis à grosses mailles. Et sur ce treillis, ils étendaient la morue ouverte en deux, taillée pour être bien plate de manière à sécher le plus également possible.DSCN9091 Lire la suite


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De Sainte-Flavie à Buenos Aires, la pertinence des marchés fermiers

DSCN3906 Au cœur des villages et des petites villes comme dans celui des capitales et des grandes villes, je les visite. Et pas seulement ceux que l’on qualifie de touristiques mais aussi (et surtout) ces marchés de quartier, ces installations éphémères qui, quelques heures par semaine, se déploient dans un champ ou sur la rue pour permettre de faire des provisions. Il y en a partout. Et de plus en plus. J’ai visité le plus grand marché fermier des États-Unis, à Madison au Wisconsin. J’ai cherché et trouvé des agriculteurs en plein cœur de Washington, Dallas et Vancouver. J’ai questionné les vieux marchands européens, comme ces jeunes nord-américains qui se réapproprient le concept. J’y apprend une foule de choses sur les us et coutumes alimentaires, la relance de la production locale, le dynamisme des producteurs et l’engagement des mangeurs.

Récemment, on apprenait que Québec pense déménager son marché de producteurs dans un nouvel endroit «à animer». Le Marché du Vieux port qui, depuis 1640 vit au cœur même de Québec migrerait près du nouvel amphithéâtre. Les raisons évoquées pour justifier le déménagement sont nombreuses. La levée de boucliers immédiate chez les citoyens. Voici quelques pistes de réflexion autour de ce qui se passe ailleurs…

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La première règle pour l’implantation d’un marché? L’emplacement. Les trois premières? Lire la suite


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600 fois la traite!

chèvre Cassis et Mélisse, une fromagerie de Chaudière-Appalaches,  un dimanche après-midi. Internet nous dit qu’ils vont «bientôt» fermer.

Aagje, tout sourire, nous ouvre la porte du bâtiment agrotouristique. Un grand hall, une belle petite boutique et ce gîte, juste à côté où on accueille les visiteurs pour un séjour à la ferme.

Gary est à la traite. Comptez: il y est deux fois par jour, 300 jours par année. Les deux autres mois, consacrés à la mise bas, exigent tout de même des visites et le soin des animaux mais les trayeuses sont rangées. Un travail fou! Lire la suite


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Pierre-Olivier Ferry, chef au Jardins

Il s’est installé à Métis, curieux de découvrir une région. Il dit que Montréal et ses amis lui manquent mais que son lieu de travail le comble. Quelques années après son installation dans les cuisines de la villa Estaban, aux Jardins de Métis, Pierre-Olivier Ferry a «hérité» d’un potager. On allait réaménager, replanter celui d’Elsie Reford, à quelques différences près. La structure allait demeurer mais les  plantations changeraient. La fraîcheur «en direct» allait transformer sa cuisine.DSCN5615 Lire la suite